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 Ceux qui geignaient sur l’absence de l’autobus et de l’autocar dans le débat pour les présidentielles en ont pris pour leur grade en regardant « Des paroles et des actes » du 12 avril. Dans le dernier opus de l’émission de France 2, François Bayrou a quasiment conclut son intervention en plaçant l’autobus au centre de la discussion. Le président, du Modem, a déclaré que la vraie question de cette élection, celle que se posait chaque Français était : « A qui vais-je confier le volant, non pas de la voiture, mais du bus dans lequel sont nos enfants ?». Avec cette métaphore,le candidat du centre exprimait qu’il s’agissait de la vraie question de confiance que représente une élection présidentielle. Pour redorer l’image de l’autobus, pardon de l’autocar, on pouvait difficilement faire mieux. Quotidiennement, des centaines de transporteurs français répondent positivement à cette cruciale question de confiance. Et, malgré les récents et tragiques accidents, l’autocar, notamment dans sa mission de transport scolaire, reste le mode de déplacement routier le plus sûr. Alors… Le 6 mai, tous président ? 

 



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Les frontières entre les modes s’estompent. Et à Paris, on assiste à un rapprochement spectaculaire entre l’autocar et les modes ferrés. Pour autant, détrompez-vous, l’heure de l’intermodalité fluide n’a pas encore sonné. Cette connivence se fait pour le moment par affiche publicitaire interposée. Depuis quelques jours Eurolines s’expose de manière ostentatoire dans les couloirs du métro et sur les quais de RER pour faire la promotion de ses offres « low cost ». Les usagers franciliens ne pourront plus feindre de ne pas savoir qu’il est désormais possible de se rendre à Londres comme à Bruxelles pour la modique somme de neuf euros, dans un autocar de grand tourisme qui plus est. Car, pour vanter son produit, Eurolines affiche un Setra 417 HD, un des fleurons en matière de grand tourisme. Espérons pour les futurs clients séduits par l’annonce, qu’ils voyagent bien dans ce type de véhicule. Cela prouverait que cette offre « low cost » n’a de petit que le prix et leur ferait apprécier l’autocar sous son meilleur angle. A l’heure où les instances représentatives de la profession cherchent toujours un moyen d’améliorer l’image de l’autocar, Eurolines a peut-être trouvé une solution. Associer petit tarif à grande qualité… Une idée à méditer.

 

 




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En matière de sécurité, la SNCF a les idées vertes. L’opérateur ferroviaire vient de mettre en place un concept de prévention écologique contre les intrusions de tagueurs. Les grillages trop facilement découpables ne seront plus seuls pour barrer l’accès aux voies. Ils seront épaulés de haies épineuses sur différents points stratégiques. Les rames du Transilien sont en effet un des supports favoris des manieurs de bombes de peinture. En 2011, sur la seule ligne N, qui relie la gare Montparnasse à l’ouest de la banlieue parisienne la SNCF a dépensé plus de 150 000 euros suites aux dégradations colorées. Pour continuer à s’exercer ces artistes peintres en herbe devront désormais se frotter à trois sortes de buissons : du poivre de Sichuan, de l’épine-vinette de Juliana et des rosiers rubigineux. Tout un programme bucolique, qui aurait déjà fait ses preuves selon la SNCF.

 

La prévention, voire la répression écologique est-elle amenée à se développer. L’initiative de la SNCF pourrait certainement inspirer d’autres opérateurs, sur d’autre modes. A quand les dossiers de sièges de cars scolaires tapissés d’orties pour évités les dégradations ? Qui osera mettre des barrières de plantes carnivores pour barrer le passage des fraudeurs à la sortie du RER ? Quant à la RATP, il est bon de lui rappeler que le fait d’habiller ses contrôleurs en vert ne suffit pas à se positionner sur le créneau de la répression écolo.

 



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Et si les transports publics s’invitaient enfin dans le débat de la campagne présidentielle ?

La flambée continue des prix du carburants aurait toutes les chances de leur ouvrir une voie royale. La crise économique, l’inflation en général et la stabilité des salaires risquent bien de contraindre certains électeurs à remiser leurs automobiles au garage, faute de pouvoir s’offrir le luxe d’un litre de carburant flirtant avec les deux euros. Face à ces multiples facteurs, on pourrait s’attendre à ce que les différents candidats en profitent pour promettre une politique volontariste en matière de transport collectif afin de garantir la mobilité pour tous les citoyens. D’autant plus que cette montée des prix s’explique par des facteurs qui, pour la plupart, sont hors de contrôle étatique : tensions aux Proche et Moyen Orient, spéculation sur les matières premières…

Hélas, on a beau tendre l’oreille, rien absolument rien ne bruisse autour de la question des transports publics. Les candidats se contentent de promettre un gel des prix, une baisse de ces derniers, financée sur le dos des pétroliers, ou conseillent de continuer à rouler à la recherche de la pompe la moins gourmande en euros. Bref l’idée générale est bien de favoriser au maximum la culture automobile, et non de promouvoir une alternative à la "voituro-dépendance". Il est fort regrettable qu’une nouvelle fois, les aspirants à la plus haute fonction de la nation n’intègrent pas les transports publics dans leurs réflexions, ni ne voient dans cette activité une source de solutions à certains problèmes.

Ou peut-être, après les deux tragiques accidents de car survenus coup sur coup, ont-ils préféré ne pas s’engager en faveur des transports collectifs.

Au moins ces deux drames n’ont pas servi de prétexte pour stigmatiser (à tort) l’autocar.

L’indifférence peut parfois avoir ses avantages.




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Comment faire pour se redonner du baume au cœur médiatique lorsqu’on a réalisé l’exploit de passer quasiment inaperçu sur la première chaîne télévisée de France ? Il serait sans doute judicieux de poser la question à François Bayrou, après son flop d’audience chez TF1 dans l’émission « Parole de candidats ». Avec 8,9 % de parts de marché, du jamais-vu depuis 1991, avec une pièce de théâtre sur d’Artagnan (un autre Béarnais), il a plongé la reine de l’audimat dans des abîmes plutôt dignes d’Arte (en termes de nombre de téléspectateurs, entendons nous bien). Pour regagner de la visibilité, le président du Modem a trouvé une réponse dans les transports publics. Afin de se rendre à une réunion en vue d’un dialogue avec des associations de quartier, il a pris le métro en direction de Gennevilliers. Bien entendu, cet usage d’une ligne de la RATP ne s’est pas fait dans l’anonymat, mais sous bonne escorte, notamment de photographes avec, en prime, un cliché dans le Figaro daté du 23 février. Où est le mal à se mouvoir en transport en commun lorsque l’on brigue la tête du pouvoir ? Fondamentalement rien, si ce n’est que cela tient généralement de la mise en scène et de la théâtralisation. Car, bien souvent, les transports publics sont utilisés, mais bien trop peu considérés. Et, le troisième homme du scrutin de 2007, est très loin de mettre ce sujet au centre des préoccupations de son programme. La question des transports y est à peine évoquée. Mais cette remarque ne vaut pas uniquement pour le parti centriste, il est troublant de constater à quel point en matière de transport en commun, les hommes politiques en général ont souvent plus d’un métro de retard sur les citoyens.




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Chers lecteurs, j’ai une bien triste nouvelle à vous annoncer. D’après nos informations, même si cela reste à confirmer, le Grenelle de l’environnement est mort. Plus grave, il s’agit d’un authentique parricide. Il a en effet été sacrifié sur l’autel de la crise, par la majorité en place. L’arme du crime est la hausse de la TVA, récemment décidée pour notamment sauver le AAA de la France. Car, en effet, comment ne pas considérer comme un coup de poignard, le rejet de l’amendement demandant d’exempter les transport public de la hausse de TVA ? Il n’a pas été considéré comme un besoin de première nécessité. Le transport public serait donc accessoire. Il n’est pas nécessaire de se rendre quotidiennement au travail, si possible en polluant le moins possible. Il n’est pas indispensable pour les millions d’élèves français de tous âges d’arriver en cours par le moyen le plus sûr. Et il n’est pas non plus urgent d’encourager les alternatives à l’automobile dans un monde tous les jours plus asphyxié… Les conséquences de cette décision ne se sont pas faites attendre. Le Stif a décidé une hausse de 1,5 % de ses tarifs pour répercuter le changement de barème de TVA. Tout sauf un encouragement à prendre les transports en commun.
Et pendant ce temps, Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Ecologie et du Développement Durable, et Alain Juppé, ministre des Affaires Etrangères co-signent une tribune dans Le Monde du 7 décembre, implorant que la conférence sur les changements climatiques de Durban ne se solde pas par un échec.  Ils y rappellent notamment que les émissions mondiales de gaz à effet de serre atteignent des niveaux records et qu’il est plus qu’urgent de mener les actions pour inverser ou plutôt limiter le processus. Très modestement, je pensais que le développement de la fréquentation dans les transports publics pouvait, jouer un rôle dans cette verte quête. J’ai dû manquer un épisode. 




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 © D. Reibenberg
 
Les hasards de la vie sont parfois merveilleux. Le cinq décembre, Nicolas Sarkozy, profitant de la livraison de nouvelles rames pour le RER A s’est lancé dans un discours fleuve sur l’urgence de la modernisation des transports urbains. Le lendemain de sa prise de parole, creuse d’annonces claires et précises, la Saint Nicolas s’inscrivait au calendrier. Moment certainement privilégié pour le chef de l’Etat, qui n’a sûrement pas manqué de formuler quelques vœux à ce presque Père Noël, chéri par les plus petits. Il semblerait que celui concernant les transports a été entendu, puisque le jour même l’Assemblée nationale, à l’initiative du député UMP des Yvelines Pierre Morange, votait la création d’une commission d’enquête sur la saturation du RER et plus particulièrement sur la ligne A. Cette fois, les usagers ont de quoi être rassurés entre un Président de la République remonté, des rames flambantes neuves lancées sur les rails et des députés prêts à en découdre avec les vilains retards, ce maudit RER A et ses compères n’ont qu’à bien se tenir. Les élus de la majorité (l’opposition a voté contre cette commission d’enquête) ont certainement été sensibles aux images du président arpentant les couloirs des nouvelles rames, et se sont instantanément portés volontaires pour mener cette croisade.  Au fait quelqu’un leur a-t-il dit qu’en temps normal on a guère de place pour (se) filmer ou (se) photographier dans le RER A ? Si tel n’est pas le cas, ils risquent de déchanter pendant leur enquête de terrain… pardon parlementaire.



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 A la RATP la lutte contre la fraude est un combat de tous les instants. Il est souvent mené en bande (organisée) de contrôleurs dont l’amabilité et la délicatesse est digne de la ponctualité et la régularité du RER A. Si le contrôle des usagers est une nécessité indiscutable, la régie ferait bien de penser à également poinçonner devant sa porte. La Cour des Comptes vient en effet de publier un rapport édifiant sur le comité central d’entreprise (CCE) de la RATP, un des plus riche de l’Hexagone, et réclame tout bonnement une enquête pénale sur ses dysfonctionnements. Au menu : surfacturation, comptabilité fantaisiste, gestion obscure des centres de vacances ou de la restauration collective… Le tout pour une addition salée de plusieurs millions d’euros. La CGT, qui contrôle le CCE depuis les élections professionnelles de décembre 2010, récuse ces accusations. De son côté la direction sort le parapluie de la loi, rappelant qu’elle ne bénéficie d’aucun pouvoir d’ingérence dans le CCE. Il n’empêche que dans un communiqué, elle souligne qu’elle n’est pas en accord avec les règles de gouvernance du CCE et propose quelques pistes d’améliorations visant au meilleur contrôle des comptes, à une gestion plus claire des budgets… En quelques mots, elle demande à certains de ses salariés de se comporter en honnêtes gens. Et pendant ce temps, les contrôleurs continuent d’interpeller les passagers, fraudeurs ou non, comme des bandits de grand chemin…

 



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 Qui a dit que les transports ne seraient pas au cœur de la présidentielle 2012 ? Visiblement pas Nicolas Sarkozy. Le président (pas candidat) de la république s’est offert un bain de mobilité dans le RER A pour accompagner le lancement des nouvelles rames de la ligne la plus fréquentée d’Europe. Une participation autant remarquée que fustigée, notamment par Vincent Elbé, le président (PS) du conseil général de Seine et Marne qui, dénonçant la récupération politique a décidé de se priver du spectacle. Il faut reconnaître que la présence du premier des Français pouvait surprendre. Sans vouloir faire injure au RER A, la crise de l’Europe, pour ne citer qu’un exemple, semblait être un sujet bien plus important pour un président de la république que la livraison de nouvelles rames. Mais, pour retourner à ses occupations élyséennes, Nicolas Sarkozy n’a certainement pas emprunté les voies si royalement perturbées du RER. Aussi après avoir montrer aux objectifs et caméras son souci pour la préservation de la quantité de la ligne A, il a pu en un saut de puce (voiture) se replonger dans la course à la préservation du AAA hexagonal. Des nouvelles rames sont-elles au menu de la ligne B ?




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Photo : © D. Reibenberg

 

Après la Déclaration des droits de l’homme, voici la Déclaration de droits de la SNCF. Thierry Mariani en a fait l’expérience le 21 novembre dernier. Le ministre des Transports était en déplacement au Creuzot pour rendre visite à NFM Technologies, tunnelier et spécialiste des systèmes mécaniques de grande dimension. Un soutien à ce fleuron de l’industrie locale chronométré à 50 minutes, pas une de plus. Le leader de la droite devait en effet prendre le TGV de 16 h 45 afin d’être de retour à Paris en début de soirée. Mais Thierry Mariani a finalement dû s’armer de patience dans la gare. Le train, en provenance de Lyon, a presque imité le ministre en accusant un retard de… 50 minutes. Avec un système « alerte retard », par SMS ou email, Thierry Mariani aurait eu tout loisir pour profiter pleinement du savoir-faire de l’industrie locale. Il aurait ainsi transformé ce temps, finalement perdu en plein décor (presque) bucolique, en un moment utile de pré-campagne politique. Moralité tous les voyageurs, ministre ou simple mortel, naissent libres et égaux devant les retards de la SNCF.




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