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A la RATP la lutte contre la fraude est un combat de tous les instants. Il est souvent mené en bande (organisée) de contrôleurs dont l’amabilité et la délicatesse est digne de la ponctualité et la régularité du RER A. Si le contrôle des usagers est une nécessité indiscutable, la régie ferait bien de penser à également poinçonner devant sa porte. La Cour des Comptes vient en effet de publier un rapport édifiant sur le comité central d’entreprise (CCE) de la RATP, un des plus riche de l’Hexagone, et réclame tout bonnement une enquête pénale sur ses dysfonctionnements. Au menu : surfacturation, comptabilité fantaisiste, gestion obscure des centres de vacances ou de la restauration collective… Le tout pour une addition salée de plusieurs millions d’euros. La CGT, qui contrôle le CCE depuis les élections professionnelles de décembre 2010, récuse ces accusations. De son côté la direction sort le parapluie de la loi, rappelant qu’elle ne bénéficie d’aucun pouvoir d’ingérence dans le CCE. Il n’empêche que dans un communiqué, elle souligne qu’elle n’est pas en accord avec les règles de gouvernance du CCE et propose quelques pistes d’améliorations visant au meilleur contrôle des comptes, à une gestion plus claire des budgets… En quelques mots, elle demande à certains de ses salariés de se comporter en honnêtes gens. Et pendant ce temps, les contrôleurs continuent d’interpeller les passagers, fraudeurs ou non, comme des bandits de grand chemin…
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Qui a dit que les transports ne seraient pas au cœur de la présidentielle 2012 ? Visiblement pas Nicolas Sarkozy. Le président (pas candidat) de la république s’est offert un bain de mobilité dans le RER A pour accompagner le lancement des nouvelles rames de la ligne la plus fréquentée d’Europe. Une participation autant remarquée que fustigée, notamment par Vincent Elbé, le président (PS) du conseil général de Seine et Marne qui, dénonçant la récupération politique a décidé de se priver du spectacle. Il faut reconnaître que la présence du premier des Français pouvait surprendre. Sans vouloir faire injure au RER A, la crise de l’Europe, pour ne citer qu’un exemple, semblait être un sujet bien plus important pour un président de la république que la livraison de nouvelles rames. Mais, pour retourner à ses occupations élyséennes, Nicolas Sarkozy n’a certainement pas emprunté les voies si royalement perturbées du RER. Aussi après avoir montrer aux objectifs et caméras son souci pour la préservation de la quantité de la ligne A, il a pu en un saut de puce (voiture) se replonger dans la course à la préservation du AAA hexagonal. Des nouvelles rames sont-elles au menu de la ligne B ?
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Photo : © D. Reibenberg
Après la Déclaration des droits de l’homme, voici la Déclaration de droits de la SNCF. Thierry Mariani en a fait l’expérience le 21 novembre dernier. Le ministre des Transports était en déplacement au Creuzot pour rendre visite à NFM Technologies, tunnelier et spécialiste des systèmes mécaniques de grande dimension. Un soutien à ce fleuron de l’industrie locale chronométré à 50 minutes, pas une de plus. Le leader de la droite devait en effet prendre le TGV de 16 h 45 afin d’être de retour à Paris en début de soirée. Mais Thierry Mariani a finalement dû s’armer de patience dans la gare. Le train, en provenance de Lyon, a presque imité le ministre en accusant un retard de… 50 minutes. Avec un système « alerte retard », par SMS ou email, Thierry Mariani aurait eu tout loisir pour profiter pleinement du savoir-faire de l’industrie locale. Il aurait ainsi transformé ce temps, finalement perdu en plein décor (presque) bucolique, en un moment utile de pré-campagne politique. Moralité tous les voyageurs, ministre ou simple mortel, naissent libres et égaux devant les retards de la SNCF.
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© D. Reibenberg
La fidélité ça rapporte, il paraîtrait même que cela peut faire élire. C’est en tous les cas ce que semble croire Thierry Mariani, ministre chargé des Transports. Pour s’acquitter de ses déplacements en vue de sa campagne pour les législatives 2012, il compte puiser dans son stock de miles gagner chez Air France et Lufthansa. C’est qu’en la matière, Thierry Mariani est multimillionnaire. Et, pour le prouver il s’apprête à faire constater son pactole (3 millions de miles Air France et la moitié chez la compagnie germanique) par un huissier. L’accumulation d’un tel magot suppose très certainement que le ministre a pour habitude de se déplacer en première classe, ou au pire en cabine affaire. Pour partir à la rencontre de ses potentiels électeurs, il compte effectuer un déplacement par semaine. De longs voyages en perspective puisque Thierry Mariani brigue la onzième circonscription des Français de l’étranger qui couvre 49 pays dans l’ex-URSS, l’Asie et l’Australie. Dans le cas où il voudrait jouir du même confort que lors de ses déplacements officiels, il est important de lui faire remarquer que son capital de miles promet de fondre comme neige au soleil. Chez Air France, un aller retour à destination de l’Asie en première classe se monnaye en effet 400 000 miles, il en faut 100 000 de plus pour atteindre les terres océaniennes. La jouissance d’un siège affaires à destination de la Russie ou des anciennes républiques de l’union soviétique est moins gourmande, mais demande tout de même 120 000 miles. Nul besoin d’être un expert en mathématiques pour en déduire que s’il ne veut pas dépenser d’euros pour faire décoller sa candidature, Thierry Mariani, au rythme d’un voyage hebdomadaire, devra viser juste et faire une campagne express. A moins qu’il n’utilise les autres jours de la semaine pour s’envoler pour le compte de la république, s’offrant au passage la possibilité de recréditer son compte de miles… Au frais du contribuable.
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Il n’y a pas de petits profits. Non contente d’avoir obtenu le feu vert pour augmenter les tarifs des billets de TGV, la SNCF demande désormais à ses contrôleurs de redoubler de zèle pour remplir les caisses de la société publique. Il s’agit plus précisément d’une initiative locale émanant de la direction toulousaine, mais elle n’en reste pas moins « coquasse ».
Deux agents sont en effet sous le coup d’une mise à pied de cinq jours, car leur direction estime qu’ils se trouvent en situation d’échec commercial. Elle leur reproche de ne pas verbaliser suffisamment les passagers. La politique managériale de la direction toulousaine a été rapidement mise à l’amende la section régionale de Sud Rail. Le syndicat rappelle que les contrôleurs sont chargés de l’accueil et de la sécurité des voyageurs, du renseignement et du contrôle, mais n’ont aucune obligation d’ordre commercial.
Le plus surprenant dans cette histoire n’est pas tant la posture de la direction régionale, que l’interprétation du mot « commerce » à la SNCF. Cette dernière, qui a eu besoin d’un certain temps à passer de logique de l’usager à celle du client, doit encore parfaire ses connaissances linguistiques. Selon les cahiers de l’OCDE, « le commerce est l’activité principale d’échange des biens et des services ». On n’est pas tout à fait dans le cadre de la délivrance d’un PV. A moins qu’à la SNCF, les contraventions ne se nomment exclusivement « prunes ». Si tel est le cas, le linguiste amené à donner des cours de sémantique aux responsables toulousains devra également évoquer les différences entre le sens propre et le sens figuré.
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Comment peuvent-ils avoir déjà passé, à eux deux, plus de 30 ans au service des autocaristes ?