catégorie(s) : transport de voyageurs

Posté par dreibenbergEcrire un commentaire

 Je vous propose un petit jeu. Celui du « Qui a dit ? » consacré aujourd’hui à l’écologie. Première phrase : « Nous savons que nous devons le limiter à 2° et que si nous ne réussissons pas, ce sera la catastrophe. Ce point ne supporte plus aucun débat. Nous sommes, au-delà de nos différences, la dernière génération à pouvoir agir. Et pour la première fois, nous devons décider non pas pour nos pays, non pas pour nos régions, non pas même pour nos continents, mais nous devons décider pour la planète ». Quatre propositions : Al Gore (A), Daniel Cohn-Bendit (B), Nicolas Sarkozy (C) ou Nicolas Hulot (D). La bonne réponse est C. Il s’agit d’un extrait du discours tenu par le président de la république à l’occasion du sommet de Copenhague. Un ton dans la droite ligne de celui du grenelle de l’environnement, Devant ses paires du monde entier, le chef de l’Etat endossait le rôle de héros de l’écologie.

 

Deuxième phrase, qui a dit : « Je voudrais dire un mot de toutes ces questions d’environnement. Parce que là aussi ça commence à bien faire… ». Cette fois vous avez le choix entre trois réponses : Frédéric Nihous, président de Chasse Pêche Nature et Tradition (A), Christophe de Margerie, directeur général de Total (B) ou Nicolas Sarkozy (C). Pour gagner, il fallait cocher la lettre… C. Une déclaration adressée aux agriculteurs à l’occasion de la visite de Nicolas Sarkozy au salon de l’agriculture.

 

Apparemment le costume de « Superécolo » devient trop difficile à porter en cette période électorale. Quand les sondages mettent tous les signaux de l’UMP au rouge, le président de la république a du mal à offrir des déclarations bien vertes. A moins qu’il ne s’agisse d’une version édulcorée du tristement célèbre « Casse toi pauv’con » (également lancé lors du salon de l’agriculture) cette fois adressée au combat contre le réchauffement climatique.




Ecrire un commentaire

Posté par dreibenbergEcrire un commentaire

Je ne sais pas vous, mais moi j’aime bien les campagnes électorales, surtout les régionales 2010 en Ile-de-France. Pour nous qui travaillons dans le monde des transports de voyageurs, c’est un peu nos Césars, ou nos Victoires de la musique. Les enjeux des déplacements sont projetés sur le devant de la scène, au centre de toutes les attentions des décideurs du monde politique.

C’est dans cette période bénie que sortent les enquêtes et autres études sur l’importance des transports, les problèmes à régler et les améliorations à apporter. Tenez, dans son édition du 3 mars, le quotidien Les Echos dévoilait une étude de l’Observatoire régional de santé au travail d’Ile-de-France. Les conclusions sont sans appel : les temps de trajets domicile-travail sont en moyenne de deux heures aller-retour. Autre point, plus les franciliens vivent loin de la capitale, plus cette durée est élevée et plus les transports sont vécus comme une peine. Finalement rien de bien surprenant, mais cela fait du bien de l’entendre dire. C’est un peu comme lorsque l’on présente des condoléances, cela ne fera pas revenir le défunt, mais ça console. A une différence de taille : ces études rappelleront peut-être aux prétendants au trône régional la réalité du quotidien des transports. Et, l’un d’entre eux aura le pouvoir de changer les choses. Leur discours est déjà de bon augure : « les transports ceci… Les transports cela… ». Mais le problème reste qu’ils ne les connaissent que sous l’aspect théorique. Sauf en cette période, décidément bénie, d’élections régionales, qui pousse les candidats dans le RER ou le métro. Pas aux heures de pointes, cela s’entend… Il faut de la place pour la horde de journalistes qui les accompagnent généralement pour immortaliser la séquence. Voilà qui n’est pas pour garantir la tranquillité des habitués des heures creuses contraint de serrer la main d’un(e) candidat(e) sous l’œil des caméras. Remarquez cela change des joueurs d’accordéon.

Rassurez-vous, au lendemain du 21 mars, ce genre de perturbation ne sera plus d’actualité. Elle laissera place aux plus traditionnels « accident grave de voyageur » ou « panne de signalisation ». Les transports vont redevenir ce mal nécessaire. Quant aux promesses de l’heureux ou de l’heureuse élu(e), elles risquent fort de prendre du retard. C’est finalement assez cohérent avec les transports franciliens.




Ecrire un commentaire
catégorie(s) : transport de voyageurs

Posté par dreibenbergEcrire un commentaire

A la SNCF, aurait-on la Frêche attitude ? Non non, il n’y a pas de faute d’orthographe, le sujet n’est pas la mise en place d’un nouveau système de climatisation dans les rames, mais d’une initiative bien dans le ton du bouillonnant président du Languedoc-Roussillon.

L’objet du « crime » est une affichette info sûreté aperçue dans un TER Midi-Pyrénées, qui stigmatisait les Roumains et invitait les voyageurs à signaler « tous les faits de Roumains » au PC de sécurité nationale de la SNCF. La direction régionale assure qu’elle n’a pas cautionné cette affichette et déplore l’initiative malheureuse d’un agent.

Il faut pourtant reconnaître que l’auteur de cette note utilise un style bien dans son époque et notamment cautionné par la classe politique, qui ne laisse pas George Frêche seul dans son coin. On citera pour mémoire Nadine Morano, secrétaire d’Etat chargée de la Famille et de la Solidarité, qui pour alimenter le débat sur l’identité nationale avait déclaré: "Moi, ce que je veux du jeune musulman, quand il est français, c’est qu’il aime son pays, c’est qu’il trouve un travail, c’est qu’il ne parle pas le verlan, qu’il ne mette pas sa casquette à l’envers". Elle n’a pas précisé ce qu’elle attendait de lui dans les transports.

On se souviendra aussi du site internet de l’UMP avec une photo, montrant cinq jeunes noirs de dos, utilisée pour illustrer la délinquance des mineurs. Ou enfin, de  la déclaration du maire de Franconville, Francis Delattre, à propos de la tête de liste PS dans les Val d’Oise, Ali Soumaré : « Au début j’ai cru que c’était un joueur de l’équipe réserve du PSG ». Sous entendu quand on a nom à consonance africaine on ne saurait faire autre chose que du football. Ces tristes dérayages verbaux ou écrits me font néanmoins partager un point de vue avec Georges Frêche. Tout cela n’est pas très catholique…

 




Ecrire un commentaire
catégorie(s) : transport de voyageurs

Posté par pcossardEcrire un commentaire

Un certain nombre d’analystes l’avaient prévu : 2010 sera vraiment l’année de la crise dans l’Hexagone.

On a beau se gargariser régulièrement dans certains ministères sur la belle résistance de l’économie française l’an passé, force est bien de constater que la mécanique est en train de se gripper. Pourquoi ? Simplement parce qu’il en va de l’économie comme de l’écologie, tout n’est que causes et effets.

Fallait-il être naïf, ou aveugle pour espérer passer à travers les mailles du filet, alors que des entreprises ferment, que le crédit s’épuise, et que le pouvoir d’achat continue une dégringolade accentuée de crise en crise ? Plus de travail, plus d’argent, plus d’achats, une équation simple pourtant.

Et ce n’est pas la "croissance verte" qui sauvera les meubles. Parce que pour qu’elle produise un effet quelconque, il faudra investir, ce qui ne sera possible que grâce à une croissance tout court. Le bel édifice se lézarde donc et les départements semblent, après les particuliers et certaines entreprises, être les premières victimes du marasme ambiant.

Selon nos confrères des Echos du 17 février, vingt départements sont d’ores et déjà incapables de boucler leur budget, et ils seront le double en 2011. Pourquoi ? En grande partie parce que les budgets sociaux ont explosé pendant que les rentrées liées aux droits de mutation, une des principales ressources de cette collectivité, sont en chute libre. 

À très court terme, les conséquences promettent d’être plus ou moins désastreuses.

Je ne veux même pas penser à la vie associative ou au développement touristique, qui sont généralement les premiers sacrifiés.

Plus ennuyeux, trois dossiers relevant des compétences du conseil général, et qui touchent directement le transport routier de voyageurs, risquent eux aussi de souffrir : l’entretien des routes, l’investissement dans différents grands projets d’infrastructure et le transport scolaire.

Dans les deux premiers cas, il en ira de l’attractivité du Pays, renommé jusque là pour la capillarité de son réseau routier et la richesse de ses infrastructures de transport. En dernier lieu, ce sont  aussi les entreprises de transport de voyageurs qui risquent de pâtir de la situation.
 

Que le transport scolaire deviennent payant pour les familles dans certains départements en faillite apparaîtra déjà comme une gageure en pleine période de crise sociale. Mais les départements risquent aussi de rogner un peu plus sur le coût de ce même transport scolaire.
Un phénomène qui renforcera l’emprise du "moins-disant" dans les appels d’offres, alors les autocaristes dans leur ensemble fournissent aujourd’hui d’importants efforts en matière de qualité, de sécurité - comment ne pas penser par exemple à l’installation de l’éthylotest anti démarrage ? - et de développement durable.

Finalement, les crises se suivent et se ressemblent. Ce sont un peu toujours les mêmes à qui l’on demande des efforts et qui en paient le prix plein pot. Tout est toujours question de redistribution.         




Ecrire un commentaire
catégorie(s) : Non classé

Posté par pcossardEcrire un commentaire

Enfant, j’ai rêvé de marcher sur la Lune. En 1969, toute ma famille agglutinée devant le poste de télévision a suivi presque en direct sur l’ORTF le "grand pas pour l’humanité" de Neil Amstrong. L’image était mauvaise, le commentaire incompréhensible, mais l’émotion à son comble.

Pensez donc, nous sortions du berceau - de l’humanité - pour découvrir de nouveaux mondes. Assidu lecteur de science-fiction dans les années qui suivirent, j’ai toujours considéré que l’Homme rencontrerait la profondeur de son destin dans le vide de l’espace.

Le temps, mon observation de la fourmilière ronde et bleue qui nous abrite, mes années de journalisme dans le secteur du transport de voyageurs, la vie quoi, m’ont fait accepter l’idée de ne pouvoir un jour prendre une navette pour un "court-séjour" chez Séléné.

Plutôt confiant dans la nature humaine, je me rassurais en estimant que notre espèce volait sur la bonne voie, bientôt lactée.

Autant vous dire que, si j’en comprends les raisons, l’annulation du projet Constellation par le président Obama est un choc.

En 2020, des astronautes devaient retournés là-bas, avant, sans doute, de faire un saut vers Mars.

Et bien tout cela est terminé, et pour des raisons budgétaires.

Entendons-nous bien, ce n’est pas seulement le rêve d’un gosse qui s’écroule, c’est une certaine idée de la grandeur de l’humanité. 

On me répondra qu’il est plus urgent de nourrir le milliard de crève-la-faim qui "survivent" chaque jour sur le globe.

On me rétorquera que la sauvegarde d’une planète malade de notre envahissante présence est un objectif bien plus important que d’aller faire des galipettes en apesanteur. Bien sûr. Mais est-on bien certain que toutes ces économies réalisées seront utilisées à de bonnes fins ?

Car l’économie justement, la crise, la dette, le déficit, le système financier, tous ces "concepts" qui font notre quotidien médiatique et professionnel, ingurgitent chaque jour des sommes colossales, et rien ne change vraiment. Je ne verrai jamais un "autobus spacial", soit.

Mais ce qui m’ennuie le plus, c’est que nos enfants ne verront pas plus une humanité fraîche et joyeuse, bien nourrie, sur une planète florissante, riche de diversité et de vie. Il est même plus que probable que les ours blancs ou le thon rouge deviennent pour eux aussi mythiques que le furent en leur temps "les petits hommes verts". Amer constat, l’Occident n’a pas décroché la Lune. 

Ce sera sans doute à l’Asie de relever ce défi. Et quand je vois du bout de ma lorgnette, que la ville de Shangaï, en vue de l’Exposition Universelle a, en un an, doublé son réseau de métro - qui atteint désormais 450 kilomètres de tunnels - je me dis qu’il y a encore quelque part une humanité qui rêve de grandeur. Pour peu qu’elle lève un jour les yeux au ciel…  

        




Ecrire un commentaire
catégorie(s) : Non classé

Posté par pcossardEcrire un commentaire

 Un scooter volé, un conducteur, deux passagers, pas de casques, et un drame. L’accident qui s’est déroulé mercredi 20 janvier à Woippy, dans la banlieue de Metz, et qui a coûté la vie à un des trois jeunes gens (ils avaient entre 19 et 20 ans) est d’une affligeante banalité.

 

Qu’ils aient été ou non poursuivis par une voiture de police a-t-il de l’importance ? Après tout, au regard du code de la route, et de la loi en général, tous les trois cumulaient les infractions. Il semble donc logique que les fonctionnaires de police aient voulu, d’une façon ou d’une autre, les interpeller. Et comme rien n’indique pour l’instant qu’il y ait eu course-poursuite ou choc avec leur véhicule, il convient de considérer tout cela comme une histoire stupide de plus.

 

Le plus choquant reste finalement l’attitude des télévisions le soir même de l’accident. Au 20h, les envoyés spéciaux des grandes chaînes publiques et privées avaient enfin trouvé Woippy sur la carte et campaient avec leurs caméras dans les rues plus ou moins désertes en attente "d’incidents". Comme la recette fonctionne toujours, elles ajoutaient au cocktail quelques images des parents de la victime, tout à leur douleur, pointant du doigt la responsabilité  policière, en oubliant au passage - mais comment les en blâmer -  la responsabilité du "gamin" de 19 ans.

 

Le décor planté, les bons ingrédients mélangés dans le checker télévisuel, il ne restait plus qu’à attendre que la nuit de cette triste banlieue s’éclaire de quelques jolies flammes. Parie tenu. Un peu plus tard, une école et du mobilier urbain sont détériorées, tandis que quelques poubelles, des  voitures et surtout un bel autobus sont bien brûlés par les "jeunes" du quartier qui ont répondu à l’appel.  

 

Voilà bien quelques belles images en perspectives, qui donneront un peu de variétés aux JT du lendemain, totalement envahis depuis dix jours par le grand spectacle de la misère haïtienne. Dommage pour le "gamin", dommage pour la TCRM (Transports en commun de la région messine) qui a perdu un bus dans l’histoire, et dommage pour la qualité d’une certaine forme d’information.

 

Mais le spectacle continue. 




Ecrire un commentaire
catégorie(s) : transport de voyageurs

 Faut-il s’émouvoir de la décision du Conseil constitutionnel de rejeter la taxe carbone ? Sans être, loin de là, sourd aux préoccupations environnementales, ma réponse est non. Les Sages ont en effet pointé du doigt les incohérences de l’impôt qui devait entrer en vigueur au 1er janvier 2010. Celui-ci, pour des raisons économiques, prévoyait d’exonérer les 1018 sites industriels les plus pollueurs, les centrales thermiques produisant de l’électricité… Au final, se sont 93 % des émissions de dioxydes de carbone d’origine industrielle, hors carburant, qui n’auraient pas été touchées par l’impôt vert. Le gouvernement promet de présenter une nouvelle copie le 20 janvier avec des exemptions réaménagées pour les 1018 sites industriels, mais maintenues pour certains secteurs comme le transport public routier de voyageurs. Cette volonté affirmée par Christine Lagarde est assez rassurante et donne à penser que la taxe carbone version 2 gagnera en cohérence. A condition que le Conseil constitutionnel ne s’entête pas à pointer du doigt la légitime clémence dont bénéficie le transport public, qui rappelons-le, contribue quelque peu à faire diminuer le nombre de voitures sur la route.

Mais au-delà de la querelle entre les Sages et le gouvernement, on peut très légitimement s’interroger sur l’utilité d’une taxe carbone qui ne s’appliquerait que sur le sol français. En effet, même dans une mesure limitée, elle va peser sur la compétitivité des industriels hexagonaux. Avec le risque de les pousser à délocaliser leur production dans des régions du globe où les rejets ne sont pas taxés. Or à la différence du nuage de Tchernobyl, les émissions de CO2 ne s’arrêtent pas aux frontières françaises. Qu’importe paraît-il, ce qui compte c’est de donner l’exemple.

D’ici à 2020, la France prétend réduire ses rejets de CO2 de 20 %, soit une économie de 70 millions de tonnes. La taxe carbone pourrait faire économiser sept millions de tonnes supplémentaires. Magnifique, serait-on tenté d’écrire. Mais, dans le même temps, on estime que les rejets de CO2 vont augmenter de 7 milliards de tonnes en Chine. Dans ce contexte, la contribution de la taxe carbone devient une goutte d’eau. Oui mais Française, répondront ceux qui pensent que notre pays puisse être une source d’inspiration mondiale. Trop de pessimisme, de cynisme ? Pardonnez-moi, je n’avais pas mesuré à quel point la voix de la France avait contribué à faire du sommet de Copenhague une réussite…




Ecrire un commentaire - déjà 2 commentaires
catégorie(s) : transport de voyageurs

Posté par dreibenbergEcrire un commentaire

Sur une carte du monde, Oslo et Copenhague semblent proches à vol d’oiseau. Hélas, en ce 10 décembre 2009, ces villes vont sans doute s’opposer diamétralement question environnement. Alors que le sommet censé sauver la planète d’un désastre écologique entame sa quatrième journée dans la capitale danoise, son homologue norvégienne va connaître un pic exceptionnel d’émission de CO2.
La faute à qui ?  À Barack Obama en chemin pour recevoir son prix Nobel de la paix. Quel rapport avec l’écologie ? C’est qu’en matière de sécurité, les déplacements du président américain ne donnent pas dans le vert. Oslo va en effet être survolée en permanence par plusieurs hélicoptères, le président va se déplacer avec un cortège impressionnant de limousines pas vraiment hybrides, les cieux norvégiens vont également être scrutés par un Awacs et d’autres avions de chasse.
Barack Obama vient d’entacher son Prix avec la décision d’envoyer 30 000 soldats supplémentaires en Afghanistan. À quelques jours de son arrivée à Copenhague, le Nobel a ajouté, plus ou moins malgré lui, une couche de pollution dans l’atmosphère. Peut-être proposera-t-il une compensation exceptionnelle pour le CO2 émis ?




Ecrire un commentaire
catégorie(s) : transport de voyageurs

Comme beaucoup de Français j’imagine, j’adore la Cour des Comptes. Je la perçois un peu comme le Canard Enchaîné institutionnel de la République. Elle a l’art de mettre le doigt là où ça fait mal et ne s’en prive pas. Et quand cela touche directement la profession du transport de voyageurs, il y a de quoi jubiler. Cette fois, dans son rapport en date du 25 novembre, c’est le transport express régional (TER) qui est passé à la moulinette. A dire vrai, pour ceux qui, comme nous, passons notre temps le nez plongé dans l’organisation des transports en France, ce rapport n’a rien de vraiment surprenant.

Tout le petit monde des spécialistes sait depuis longtemps que certaines régions se paient des TER hors de prix parce qu’ils sont valorisant en terme d’image, même lorsqu’ils circulent à vide.

Personne n’ignore vraiment que le monopole de la SNCF sur cette activité, comme tout monopole, lui permet de produire des tarifs nettement supérieurs à ceux pratiqués dans un univers concurrentiel.

Il ne reste par ailleurs que quelques naïfs pour croire que la capacité de nuisance syndicale des cheminots sur l’ensemble de l’économie du pays n’a rien à voir avec la frilosité de l’Etat face à la mise en application de la directive européenne concernant la libéralisation du rail. 

Enfin, Bus & Car oblige, nous savons tous ici depuis longtemps qu’un autocar coûte et pollue bien moins qu’une micheline diesel sans passagers.

Là où je suis plus étonné, c’est quand Martin Malvy, président de la commission Transport au sein de l’Association des Régions de France (ARF), en réponse à la publication du rapport, défend bec et ongle le système actuel.

Tout juste insiste-t-il sur la nécessité pour la SNCF de faire des gains de productivité pour proposer de meilleurs prix. 

Allez donc demander à votre boulanger, si il est le seul à 50 kilomètres à la ronde, de baisser le prix de sa baguette en faisant travailler un peu plus ses mitrons, syndiqués chez Sud ? Il va rigoler longtemps après votre départ.  

Alors, à quoi rime vraiment cette complaisance, qui arrivera de toute façon à son terme ?

Je ne connais pas les comptes de la région Midi-Pyrénées de M.Malvy, mais peut-être fait-elle partie de celles qui sont montrées du doigt pour avoir engagé des dépenses "somptuaires" dans le rail, au détriment peut-être d’un bon rapport efficacité/coût du TER ? 

Et à quelques mois des élections régionales, l’électeur n’aiment pas avoir le sentiment que son argent est gaspillé pour des questions d’image. 

Mieux vaut dès lors laisser à penser que l’on est resté sur les bons rails budgétaires.




Ecrire un commentaire - déjà 2 commentaires
catégorie(s) : transport de voyageurs

Posté par dreibenbergEcrire un commentaire

L’affiche du film de Joann Sfar (DR)

 

Le poinçonneur des Lilas doit se retourner dans sa tombe. Metrobus, la régie publicitaire de la RATP vient d’annoncer son refus d’accueillir sur le réseau de transport parisien l’affiche de Gainsbourg (vie héroïque), le film de Joann Sfar sur la vie de l’artiste (sortie le 20 janvier 2010). C’est l’application de la loi Evin de 1991 qui interdit "tout propagande ou publicité directe ou indirecte en faveur du tabac" qui a poussé Metrobus à censurer l’image de l’affiche.

L’homme à la tête de choux n’est pas le premier à faire les frais de l’intransigeance de la régie. Ce fut déjà le cas pour l’affiche de l’exposition Tati, avec une image retouchée sur laquelle on voyait le réalisateur pédaler avec un petit moulin à vent en lieu et place d’une pipe au bec, ou encore celui de l’affiche du long-métrage Coco avant Chanel qui montrait Audrey Tautou une cigarette à la main.

L’équipe du film sur Gainsbourg pensait pourtant avoir les atouts pour passer le filtre des censeurs. L’affiche ne montre pas de cigarette, même pas le moindre mégot, mais juste l’acteur, Eric Elmosnin de profil, laissant échapper quelques volutes de Gitane (forcément). Excès de zèle de la part de Metrobus pour éviter de s’attirer les foudres des associations anti-tabac ? Qu’importe la réponse, avec cette interdiction de fumer, Serge Gainsbourg sera, dans le métro, le gars qu’on ne croise pas et qu’on ne regarde pas.




Ecrire un commentaire
Next Page »